Les médecins spécialistes de la santé publique seront en grève le 25 octobre prochain. Le Syndical national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP) lance en effet un appel à une grève illimitée, a annoncé ce dimanche 16 octobre, Mohamed Yousfi, secrétaire général du SNPSSP, dans une conférence de presse. Une décision prise durant le conseil national du syndicat réuni vendredi et samedi à Alger. « Nous faisons une évaluation complètement négative sur la mise en place de l’accord signé le 20 mai dernier avec le ministère de la Santé », a déclaré Mohamed Yousfi. Selon lui, « l’accord du 20 mai n’est pas respecté » et il y a « une fuite en avant et un non‑respect des engagements » de la part des autorités.
Le 20 mai dernier, le SNPSSP et le ministère de la Santé avaient conclu un accord, validé par le Premier ministre, sur la satisfaction des dix revendications des médecins spécialistes. Cet accord avait permis de geler l’appel à la grève lancé par le syndicat. Les médecins réclamaient notamment l’amendement du statut particulier, « indispensable si on veut retenir les spécialistes », avance Mohamed Yousfi. Selon lui, plusieurs centaines de médecins ont quitté les structures de santé publique depuis le début de l’année pour rejoindre le privé ou partir à l’étranger.
Les médecins spécialistes souhaitent également une révision du régime indemnitaire, qui, selon eux, doit s’aligner sur ce que réclament d’autres secteurs de la fonction publique, notamment en ce qui concerne les primes dans les hauts plateaux. « Ces primes doivent être calculées sur le nouveau salaire et pas sur l’ancien », argumente Mohamed Yousfi.
La question du service civil reste également posée. Une commission devait être mise en place en mai dernier pour étudier ce dossier. « Elle n’a toujours pas été installée », remarque Mohamed Yousfi. « On continue d’imposer un service civil dans des conditions impossibles », dénonce‑t‑il. Il s’agit essentiellement des problèmes de primes et de logement.
Les autres revendications concernent l’attribution d’un quota de logement de fonction, du calcul des primes d’intéressement, de garde et de contagion, de l’imposition des primes, de l’application de la carte sanitaire et de la participation à la rédaction de la future loi sanitaire.
Selon Mohamed Yousfi, tous ces points ont été discutés et un accord a été trouvé le 20 mai dernier. « Aujourd’hui, le gouvernement veut installer un comité pour renégocier et arrêter un calendrier de réunions. Nous nous ne voulons pas de négociations, nous voulons l’application de l’accord déjà signé », dit‑il. Sur ce point, les contacts avec le ministère de la Santé sont inexistants, affirme‑t‑il. Une situation déjà dénoncée par l’autre syndicat de la santé publique, le Syndicat national des praticiens de la santé publique. Fin septembre, il regrettait la rupture du dialogue avec la tutelle sur des revendications quasi similaires et menaçait d’un mouvement de grève, même si aucune date n’a été avancée. Le bras de fer entre le ministère de la Santé et les praticiens de la santé publique semble donc aujourd’hui se confirmer.
source/Le groupe des médecins algériens, unis pour nos droits

